Ce document est un condensé de la presse nationale et internationale, il ne reflète en aucun cas le point de vue du Centre Carter. La sélection d’articles présentée n’a pas vocation à être exhaustive.

 

 

 

SOMMAIRE

 

Brèves Matinales de ce vendredi 29 septembre  2017

 

 

  • ·       Ce que l'on sait de l'attaque contre la ville d'Uvira
  • ·       Le Président de La Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat est arrivé à Kinshasa
  • ·       Les commissions électorales de la SADC invitent la CENI à «publier rapidement le calendrier électoral»
  • ·       La situation des droits de l’homme est «accablante et terrible», (OIF)
  • ·       Loi sur le statut d’ancien Président de la République élu, le Sénat revient à la charge
  • ·       Débat sur l’apres-Decembre 2017 : Le sort de Joseph Kabila est scellépar la constitution
  • ·       Les conclusions des travaux du Forum des présidents des commissions électorales   de la Sadc présentées au Rais
  • ·       Des combats à l’arme lourde dans Uviraville frontalière du Burundi

 

 

·      1. SITUATION POLITIQUE

 

·      Le Président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat est arrivé à Kinshasa

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union Africaine, est en mission à Kinshasa depuis ce jeudi 28 septembre 2017. Pour sa toute première visite depuis sa prise de fonction, il est accompagné de la Commissaire aux Affaires politiques Minata Cessouma Samate et du Commissaire Paix et Sécurité, Smaïl Chergui. Plusieurs rencontres sont prévues avec les acteurs politiques congolais tant de l’opposition que de la majorité au pouvoir. La question électorale sera sans doute au cœur des échanges. Alors que l’Opposition et certains mouvements de la société civile souhaitent une transition sans Kabila, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) avait demandé à la CENI de publier le calendrier électoral « réviser » et qui tiennent en compte le fait qu’il ne serait peut-être pas possible de tenir des élections en décembre 2017, en raison d’un nombre de défis  (…). Dans son discours à la 29ème Session Ordinaire de la Conférence de l’Union Africaine 3 juillet 2017 Addis-Abeba, Moussa Faki Mahamat avait dévoilé sa stratégie pour contribuer à la recherche des solutions à nombreuses crises qui minent le continent.

« Pour faire face à tous ces conflits, nous avons décidé de donner la priorité à la prévention et l’anticipation qui invitent les groupements et mécanismes régionaux à une intensification de leurs actions en étroite coopération avec les organismes compétents de l’Union Africaine », avait dit le Président de la Commission de l’UA qui  se réjouissait aussi de l’émergence de nouvelles réponses telles que la Force Mixte Multinationale de lutte contre Boko Haram dans le Bassin du Lac Tchad, la Force de défense des pays du G5 Sahel et l’institutionnalisation du Fonds de la paix. Reste à savoir s’il va maintenir ce discours priorisant par exemple la SADC qui est décriée par l’Opposition et les acteurs de la société civile. Une conférence de presse est prévue le samedi 30 septembre à 9 heures précises à l’Hôtel Kempisky à Kinshasa à l’issue de la mission. https://actualite.cd/2017/09/28/crise-congolaise-president-de-commission-de-lua-moussa-faki-mahamat-arrivee-a-kinshasa/

Le président de la commission de l’Union africaine Moussa fa-Kim, est arrivé à Kinshasa, jeudi 28 septembre, pour une visite officielle de 48 heures, dans le cadre de la recherche des pistes de sortie de crise politique en République démocratique du Congo. Dans son agenda, une série de rencontres est prévue avec les responsables des institutions de la République, la commission électorale nationale indépendante (CENI), la classe politique et la société civile. C’est la toute première visite de Moussa fa-Kim en RDC depuis sa désignation à la tête de la commission de l’Union Africaine. https://www.radiookapi.net/2017/09/28/actualite/en-bref/le-president-de-la-commission-de-lua-moussa-fa-kim-kinshasa

 

·      Les commissions électorales de la SADC invitent la CENI à «publier rapidement le calendrier électoral»

Les délégués d’une dizaine de pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) invitent la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC «à publier rapidement le calendrier électoral.» C’est la substance de la déclaration finale des participants, à la clôture, mercredi 27 septembre, de la 19e conférence générale annuelle du Forum des commissions électorales de la SADC (ECF), qui s’est tenue à Kinshasa.

Pour les présidents des commissions électorales, la CENI ne devrait plus tarder à publier le calendrier électoral, afin de déterminer la suite des opérations électorales en cours en RDC. Les délégués ont aussi encouragé la CENI à poursuivre ce processus électoral, car pour le Forum, c’est une avancée significative de la part de la CENI qui a déjà un fichier électoral de plus de 42 millions d’enrôlés, sur un total de 45 millions attendus.

Dans la déclaration finale de cette conférence, le Forum s’est aussi engagé à rester aux cotés de la CENI-RDC dans le but de lui fournir un appui technique. Les participants aux travaux ont également souligné l’importance de la tenue des élections, facteur clé d’une paix durable, qui doivent mener au développement dans l’espace de la SADC. Pendant trois jours, les présidents des commissions électorales de la SADC avaient réfléchi sur l’indépendance de leurs organes dans la gestion des élections. Ils ont jeté un regard sur les meilleures pratiques électorales et les défis à surmonter. La déclaration finale de la 19ème Conférence générale annuelle du Forum des commissions électorales des pays de la SADC a été notamment signée par Corneille Nangaa, le président de la CENI-RDC et Justice Rita MAKARAU, présidente du Forum ECF-SADC. https://www.radiookapi.net/2017/09/28/actualite/politique/les-commissions-electorales-de-la-sadc-invitent-la-ceni-publier



 

·      2. DROITS DE L’HOMME

 

·      La situation des droits de l’homme est «accablante et terrible», (OIF)

La situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo est «accablante et terrible», s’inquiete l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Dans un communiqué parvenu jeudi 28 septembre à Radio Okapi, la secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean, se dit fortement préoccupée par les violences et les agissements graves dont fait état le rapport annuel du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en RDC.

Ce rapport a été présenté mardi 26 septembre à Genève, devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Selon ce document, l’ONU déplore la «dégradation inquiétante» de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC). Les Nations unies ont noté une forte augmentation du nombre de violations des droits civils entre juin 2015 et mai 2017. Pour Michaelle Jean de l’OIF, la dégradation continuelle de la situation sécuritaire et humanitaire contribue à aggraver de manière significative les blocages politiques en RDC.

«Je pense aux populations ainsi malmenées, aux victimes et j’exhorte les autorités congolaises, qui se sont engagées à faire la lumière sur les violences, à prendre toutes les mesures pour établir la vérité et sanctionner les responsables de ces actes cruels et criminels», affirme Michaelle Jean. Elle a appelé à une coopération franche et décisive entre les autorités de la RDC et le groupe d’experts des Nations unies pour faire aboutir les enquêtes sur ces violations des droits de l'homme.https://www.radiookapi.net/2017/09/28/actualite/politique/rdc-la-situation-des-droits-de-lhomme-est-accablante-et-terrible-oif

 

·    Loi sur le statut d’ancien Président de la République élu, le Senat revient  à  la charge

 

C’est à la plénière d’hier que la Commission spéciale instituée en son temps pour approfondir la proposition de loi sur le statut d’ancien Président de la République élu aux suffrages universels directs dont l’auteur est le sénateur Modeste Mutinga Mutuishayi a présenté son rapport à la plénière. Innocent Kongo, le Président de la Commission spéciale, a brillamment donné la quintessence de cette proposition de loi passée au scanner de celle-ci.

La loi vise la protection, par un statut spécial de la vie d’anciens Présidents de la République élus, les putschistes ne sont bien entendus pas concernés. En gros, il est question d’éviter qu’un ancien Président de la République élu, lui qui a occupé les plus hautes charges de l’Etat puisse sombrer dans la misère à la fin de sa vie. 
Il s’agit donc d’un Président de la République élu au suffrage universel comme prévu dans la Constitution du 18 Février 2016. La Commission note que la Constitution fixe le statut post mandat du Président de la République élu qui devient de droit sénateur à vie. Mais la Commission estime qu’un ancien Président de la République élu au suffrage universel direct ne peut pas avoir comme statut que celui exclusif de sénateur à vie. 
C’est incomplet et insuffisant. D’où il faut compléter ce statut par un autre conféré par une loi. La loi vient compléter le dispositif juridique existant. La Commission a par ailleurs tenu à saluer le travail intellectuel de Modeste Mutinga Mutuishayi, l’initiateur de cette proposition de loi. Elle a aussi loué l’apport du Professeur Nyabirungu qui a pris part au débat nourri pour disposer d’une loi faite sur les principes et non une loi de circonstance et de conjoncture. 
Mais il faut une loi complète sur le statut de l’ancien Président de la République élu qui tienne des hautes charges qu’il a exercées au sommet de l’Etat. S’en est suivi la lecture du rapport fait par le Rapporteur de la Commission spéciale. Il a commencé par donner le fondement juridique, des articles de la Constitution qui motivent la proposition de loi. 
Dès lors, l’ancien Président de la République élu doit avoir un statut spécial. Une loi peut lui accorder une sécurité juridique et fixer des avantages et privilèges. La Commission spéciale rejette la position gouvernement notée à la proposition de loi sur le statut d’ancien Président de la République. Le gouvernement renvoie la question du statut d’ancien Président de la République au Règlement intérieur (RI) du Sénat puisant son argumentaire dans le fait que l’ancien Président de la République a déjà un statut spécial de sénateur à vie. C’est là où il faut aller travailler si on veut renforcer ce statut juridique. 
http://www.forumdesas.org/spip.php?article13282

·      Les conclusions des travaux du Forum des présidents des commissions électorales   de la Sadc présentées au Rais

Les résolutions de la Conférence annuelle du Forum des Commissions électorales des pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe(SADC), tenue à Kinshasa du 22 au 27 septembre 2017, ont été présentées au Président Joseph Kabila au cours de l’audience qu’il a accordée, jeudi à Kinshasa, à une délégation des présidents de ces commissions électorales.Mme Rita Makarao, présidente de la Commission électorale du Zimbabwe, qui conduisait cette délégation, a déclaré à la presse, au sortir de l’audience, qu’ils sont venus présenter au Président Joseph Kabila les résolutions de cette conférence axée autour du thème : "l’indépendance des organes de gestion des élections dans la région de la SADC : meilleurs pratiques et défis". Pour Mme Makarao, tous les participants à ce forum soutiennent la CENI dans ses efforts pour l’organisation prochaine des élections en RDC, ajoutant que leur séjour à Kinshasa leur a permis de constater que la CENI est sur la bonne lancée dans les préparatifs des élections, par le record atteint dans la révision du fichier électoral avec 42 millions d’électeurs enregistrés à ces jours, sur une prévision de 45 millions attendus. La CENI peut compter sur le soutien moral et technique de commissions électorales sœurs, qui sont avec elle maintenant, pendant les élections et jusqu’à la proclamation de celles-ci, a-t-elle ajouté, soulignant qu’en rencontrant le Président Joseph Kabila " nous sommes heureux de constater qu’il respecte l’indépendance de cette structure d’appui à la democratie", a-t-elle conclu. Pour sa part, M. Corneille Nangaa, président de la Commission nationale indépendante(CENI), a fait savoir sa structure était heureuse d’avoir organisé à Kinshasa, pendant six jours, la 19ème conférence annuelle du Forum des Commissions électorales de la SADC et surtout de l’appui dont elle vient de bénéficier de commissions sœurs de la SADC.http://www.forumdesas.org/spip.php?article13280

·      Débat sur l’apres-Décembre 2017 Le sort de Joseph Kabila est scellé par la constitution

La non-organisation des élections en décembre 2016 a plongé la RD Congo dans une sorte d’impasse politique. En interne, ce scrutin raté a soulevé la problématique des institutions et leurs animateurs. Ainsi, depuis plusieurs mois, le pays se trouve quelque peu coincé dans cet engrenage. D’ores et déjà, les débats autour de la question rivalisent d’ampleur, au point de déborder du cadre strictement institutionnel. Cependant, plus d’un analyste pense que tous les problèmes politiques actuels ainsi que leurs solutions sont contenus dans les différents textes approuvés par les acteurs politiques. Il s’agit principalement de la Constitution du 18 février 2006 et de l’Accord du 31 décembre 2016. Commençons par la Constitution. Cette loi des lois semble déjà avoir anticipé l’impasse actuelle et y prévoit la voie de sortie. Dans l’une de ses dispositions, spécialement en son article 70, il est écrit : " A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ".  Par ailleurs, la même loi reste muette quant à l’éventualité de la non-tenue des élections dans les délais prévus. C’est ce que des analystes considèrent comme un « piège ». Et la solution à cela se trouve dans l’article 70 de la Constitution qui ne fait cas aucune jurisprudence.  A l’évidence, la disposition de l’article sus-évoqué de la Constitution ne donne lieu à d’aucune autre lecture ni interprétation de quelque nature. Ça veut dire que Joseph Kabila ne pourra passer le sceptre de la Magistrature suprême du pays qu’à son successeur élu. C’aurait donc été quelqu’un d’autre à la place de l’actuel Chef de l’Etat, les choses se seraient passées de la même manière, dans la mesure où la loi, de par son essence, est une disposition générale et impersonnelle. Son application est impérative et opposable à tous. Hélas ! Toutefois, quand on suit attentivement les différents débats actuels sur la place publique, les différents locuteurs semblent limiter dans le temps, l’applicabilité même de l’alinéa 2 de l’article 71 de la Constitution. On tend à former l’opinion à l’idée que cette disposition de la Constitution en vigueur devrait se limiter impérativement au second et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila. En d’autres termes, que la présidentielle ait eu lieu ou non, le Président actuel devrait quitter le pouvoir au sommet de l’Etat ! Voilà qui explique toute la chaleur qui a suivi le crépuscule du mandat de Joseph Kabila, après décembre 2016.http://www.forumdesas.org/spip.php?article13281

 

 

·      3. SECURITE

 

·      Ce que l'on sait de l'attaque contre la ville d'Uvira

Uvira, ville du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a été la cible d'une nouvelle attaque du groupe Maï-Maï Yakutumba ce jeudi matin 28 septembre. Au contraire de la veille, où les assaillants avaient tenté une incursion par les collines qui surplombent la ville, ce jeudi, ils ont pris les FARDC et la Monusco par surprise en attaquant par le lac à l'aide de plusieurs embarcations. L'attaque a été repoussée au bout de plusieurs heures de combat. Le calme est revenu à la mi-journée. Avant l'aube, un peu avant 5h du matin, les premiers tirs résonnent. Cinq embarcations montées de mitrailleuses attaquent les rives d'Uvira, et se heurtent à la force navale congolaise. Une bataille navale s'engage sur le lac pendant plusieurs heures. Au moins un des bateaux maï-maï est coulé. Les hélicoptères de la Monusco interviennent. Les assaillants sont repoussés vers le sud.

Les FARDC affirment avoir repris Makobola

Selon le major Louis Tshimwanga, porte-parole des FARDC dans la 33e région militaire, la contre-offensive permet même aux militaires de reprendre Makobola, position occupée par les Maï-Maï Yakutumba depuis 48 heures. « Uvira peut dormir sur ses deux oreilles, nous avons suffisamment d'hommes partout », assure ce jeudi soir le major Tshimwanga. La Monusco affirme de son côté dans un communiqué avoir déployé des renforts en vue de protéger les civils et dissuader des attaques sur Uvira.

En réponse à ces affrontements, et en stricte application de son mandat de protection des civils, la Monusco a déployé mercredi des troupes sur le terrain afin de dissuader toute attaque contre la ville et éviter l’escalade du conflit. Ces troupes sont accompagnées et ont le soutien d’hélicoptères. Il est vraiment pour nous primordial de mettre en œuvre pleinement notre mandat de protection des civils, c’est la raison pour laquelle nous avons mis en place cette réponse robuste. Il est important de protéger toutes ces populations civiles qui n’ont rien demandé, y compris les groupes vulnérables, les réfugiés, les déplacés... Et donc nous resterons là autant qu’il sera nécessaire.

Florence Marchal: la Monusco a déployé un dispositif militaire pour «protéger les civils»

Que veulent les Maï-Maï Yakutumba ?

Selon un bon connaisseur des groupes armés qui sévissent dans la région, les Maï-Maï Yakutumba pourraient disposer de 2 000 hommes environ, des gens enrôlés, des démobilisés sans perspectives, des déserteurs. Leur chef, ancien officier, William Amuri Yakutumba dit vouloir renverser le régime Kabila pour tout une liste de raisons qu'il nous a exposées il y a deux jours avant d'attaquer Uvira. L'homme qui a mené l'attaque d'Uvira ce jeudi 28 septembre serait l'un de ses lieutenants, René Itongoa, lui aussi officier déserteur des FARDC, qui s'est illustré par l'attaque d'un dépôt d'armes et de munitions à Uvira fin août. Ce qui expliquerait en partie le niveau d'équipement de ce groupe.

Kasongo a été attaquée par les Maï-Maï Malaika, un groupe allié

La veille, une tentative d'incursion en ville des Maï-Maï Yakutumba par les montagnes surplombant la ville avait déjà été repoussée. Au même moment, dans la province voisine du Maniema, la localité de Kasongo, à 250 km de Kindu, la capitale provinciale, était attaquée par un groupe allié, les Maï-Maï Malaika. Mais les FARDC affirment avoir repoussé l'attaque là aussi.

http://www.rfi.fr/afrique/20170928-rdc-attaque-mai-mai-yakutumba-uvira-lac

 

·      Des combats à l’arme lourde dans Uvira, ville frontalière du Burundi

Depuis mercredi, des tirs à l'arme lourde provenant de combats entre l'armée et des rebelles Maï-Maï retentissent aux abords de cette ville de l'est de la RDC, près de la frontière avec le Burundi, a-t-on appris de sources concordantes. Face aux troubles, la mission de l'ONU en RDC (Monusco) a déployé des troupes le même jour. Les tirs ont commencé à retentir mercredi à proximité de cette ville de 500 000 habitants, séparée de Bujumbura, la capitale du Burundi, par le lac Tanganyika, et située à 120 km au sud de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu. Jeudi matin, les combats sont parvenus au coeur de la ville. « Ça tire de partout. On ne sait pas qui contrôle la ville tellement nous ne pouvons quitter nos maisons », a déclaré par téléphone à l’AFP Mgr Sébastien Muyengo, évêque catholique d’Uvira, deuxième ville de la province du Sud-Kivu. « Depuis 5h, les Forces armées de la RDC (FARDC) affrontent les rebelles au niveau du port de Kalundu. Les rebelles attaquent Uvira à partir du lac Tanganyika », a déclaré un habitant dont la maison est située à côté du port.

Des troupes de la Monusco déployées

« L’enjeu pour le moment est de protéger cette ville », a déclaré un responsable de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco). Jeudi matin, la Monusco a annoncé avoir déployé des troupes pour sécuriser Uvira. « Tous les auteurs, en particulier ceux qui parrainent des groupes armés ainsi que ceux qui ont des responsabilités de commandement, seront tenus responsables de violations des droits de l’Homme », a averti le chef de la Monusco, Maman Sidikou. Chasser Kabila du pouvoir 

Dimanche, des combats étaient déjà signalés à une quarantaine de kilomètres d’Uvira dans le territoire voisin de Fizi, a indiqué Mgr Muyengo. Un ancien officier, William Yakutumba, général autoproclamé à la tête d’une milice qui porte son nom, a affirmé lundi dans un enregistrement audio vouloir chasser le président Joseph Kabila du pouvoir. En 2009 déjà, le groupe de William Yakutumba avait déjà été accusé par Kinshasa d’être à l’origine de violents affrontements à l’encontre des forces de l’ordre congolaises dans le Sud-Kivu. 

Les Maï-Maï sont des groupes « d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique. Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), nombre de ces groupes ont été armés par le pouvoir pour lutter contre des combattants ougandais ou rwandais. Mais certains n’ont jamais rendu les armes.  http://www.jeuneafrique.com/477759/politique/rdc-des-combats-a-larme-lourde-dans-uvira-ville-frontaliere-du-burundi/

 

·      Affrontements à Uvira : la MONUSCO déploie des troupes pour protéger les civils

Dans un communiqué de presse rendu public jeudi 28 septembre, la MONSUCO annonce avoir déployé la veille des casques bleus à Uvira (Sud-Kivu), afin de dissuader toute attaque contre la ville et éviter l'escalade du conflit. Selon ce communiqué, le commandant-adjoint de la MONUSCO est sur le site afin de superviser ce déploiement des forces onusiennes. « Cette réponse robuste est guidée par notre mandat. La MONUSCO est fermement engagée à la protection des civils, y compris les groupes vulnérables tels que les réfugiés et personnes déplacées», a expliqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, Maman Sidikou. Par ailleurs, le numéro un de la MONUSCO « exhorte les groupes armés à cesser immédiatement ces hostilités, y compris toute forme de violence contre les autorités constituées et les populations civiles innocentes.» Il prévient que « ceux qui parrainent des groupes armés ainsi que ceux qui ont des responsabilités de commandement seront tenus responsables de violations des droits de l'homme. » Mercredi 27 septembre, des miliciens venus de Rugongo avaient attaqué la cité d’Uvira, provoquant une panique parmi la population. Mais, l’armée a réussi à repousser l’attaque. D’après des sources militaires, les assaillants seraient coalisés aux rebelles burundais. https://www.radiookapi.net/2017/09/28/actualite/securite/affrontements-uvira-la-monusco-deploie-des-troupes-pour-proteger-les