Le droit international et régional relatifs aux droits de l'Homme prévoient des instruments précis, comme les critères et normes de l'Organisation des Nations Unies (ONU) adoptés par l'Organisation Internationale du Travail (OIT) pour protéger les droits des travailleurs. En vertu de ces instruments et normes, chacun a le droit de décider librement d'accepter ou de choisir un emploi — sans subir l'esclavage, le travail forcé ou la discrimination. Chacun a droit à une rémunération équitable et favorable. Chacun a droit à des conditions de travail sûres et saines, et à des débouchés égaux en matière d'emploi et de promotion. Chacun a droit à la sécurité sociale, aux loisirs, à un temps de repos, à un nombre maximum raisonnable d'heures de travail et à des périodes de congés payés. Chacun a le droit de former et d'adhérer à un syndicat, ainsi que de faire grève. Les femmes et les enfants ont aussi des droits spécifiques les protégeant de l'exploitation et veillant à leur bien-être et à leur épanouissement.

La question des droits du travail reste centrale en Afrique, comme elle l’est ailleurs dans le monde. L'esclavage et le travail forcé existent encore dans beaucoup de pays. La majorité de la population travaille dans le secteur informel et bénéficie de peu ou pas de protection juridique. Les droits des personnes employées dans le secteur formel sont bafoués de diverses façons, notamment par l'insuffisance des salaires, la discrimination, la durée excessive des horaires et l’existence de conditions de travail dangereuses. Lorsqu'ils sont autorisés, les syndicats sont généralement faibles. Les leaders des syndicats sont fréquemment harcelés et menacés.

La Constitution de la RDC et son Code du travail réaffirment la majorité des droits des travailleurs consacrés au niveau international. Mais en réalité, la majorité de la population n'a accès aux protections fondamentales ni dans le secteur formel ni dans le secteur informel. Les personnes employées dans l'économie informelle, soit la grande majorité de la population active, ne signent aucun contrat de travail et ne bénéficient ni des soins de santé de base, ni de la sécurité sociale, ni des normes de sûreté ou des réglementations concernant les horaires de travail. Ainsi, des milliers de mineurs employés dans les mines artisanales travaillent dans des conditions pénibles et dangereuses pour un salaire dérisoire et sans contrat de travail, assurance maladie, protection ou sécurité. Les inspecteurs du travail gouvernementaux manquent de moyens et sont facilement influençables. Les syndicats sont absents ou fonctionnent à peine, et leurs responsables seraient régulièrement harcelés, arrêtés et incarcérés. Les groupes vulnérables (comme les personnes handicapées) finissent souvent par mendier dans la rue, sans accès à l'éducation ni à la santé.

Instruments juridiques et mécanismes pertinents