Pendant les 20 dernières années, les Nations Unies et les organisations régionales (comme l'Union Africaine) ont beaucoup fait pour mettre en exergue l’importance du droit des femmes. Malgré des progrès importants, les femmes et les filles du monde entier continuent à être victimes de violations de leurs droits, de discrimination, d'exclusion et de violence. Ces violations se produisent fréquemment en toute impunité.
 
L'Afrique a fait des progrès certains sur le plan de la protection juridique visant à garantir l'égalité des genres. Presque tous les pays du continent ont ratifié la Convention sur l'Elimination de toutes les formes de Discrimination à l'Egard des Femmes (CEDEF) et plus de la moitié a ratifié le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Femmes. Cependant, les femmes continuent d’être les victimes d'une forte discrimination. Leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels sont fréquemment bafoués.  
 
La RDC a ratifié la CEDEF et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Femmes, qui énoncent tous deux l'obligation pour l'État de garantir l'égalité des genres dans l'éducation, la santé, l'emploi, la vie familiale et la participation aux institutions publiques et politiques. Ces instruments exigent aussi que les États prennent toutes les mesures requises pour rectifier les coutumes discriminatoires et les stéréotypes défavorables aux femmes. En outre, l'État congolais a adopté plusieurs lois relatives aux droits de la femme. Cependant, en RDC les femmes continuent à être victimes de discrimination dans les domaines du droit, de la politique et des pratiques culturelles. Selon le rapport conjoint de sept Procédures Spéciales des Nations Unies (2009), l'inégalité de genre est fortement ancrée de facto et est officialisée de jure. Ces stéréotypes de genre défavorables aux femmes et ces lois et pratiques discriminatoires ont des répercussions profondes sur le rôle de la femme dans la famille et la société. 
 
La violence basée sur le genre reste répandue dans l'ensemble du pays, particulièrement dans les régions en conflit où les femmes sont victimes d'actes de violence sexuelle d'une violence extrême. Dans l'Est, la violence sexuelle est utilisée par toutes les parties au conflit armé, le plus souvent en toute impunité. Les conséquences physiques et psychologiques sont désastreuses. Beaucoup de femmes meurent des suites d'une agression brutale. Les survivantes n'ont généralement pas accès à des soins convenables et sont souvent victimes d’une stigmatisation qui, outre l’impact psychologique et social, les appauvrit.   
 
Les femmes souffrent de façon disproportionnée des effets de la pauvreté, du déplacement et des carences des systèmes d'aide sociale. Elles sont considérablement sous-représentées dans les institutions publiques, les processus nationaux de prise de décision et l'économie formelle. Les taux de mortalité maternelle de la RDC sont parmi les plus élevés au monde.