Le droit international relatif aux droits de l'Homme octroie à tous les peuples des droits civils et politiques sans discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l'origine politique, nationale ou sociale, la propriété, la naissance, l'orientation sexuelle et l'identité de genre ou autre statut. Cela signifie que chacun a le droit à la vie, le droit de ne pas subir la torture ou autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et le droit à la liberté et à la sécurité. Chacun a le droit d'association et de réunion en toute liberté, ainsi que le droit à un procès équitable. Chacun a droit à la liberté de mouvement, la vie familiale, la vie privée et l'identité. Chacun a le droit de participer à la vie politique et aux élections démocratiques, et chacun a le droit de jouir de la liberté d'expression, de conscience, de religion et d’opinion. Les droits des minorités doivent toujours être protégés.
 
Ces droits fondamentaux forment le socle d'une société démocratique. Cependant, les gouvernements du monde entier restreignent souvent l'exercice de ces droits, soit parce que les institutions publiques sont faibles, soit par crainte de l'opposition, ou encore à cause des crises sociales ou politiques.  
 
Pendant les 20 dernières années, la protection des droits civils et politiques s'est améliorée dans l'ensemble de l'Afrique. Des gouvernements démocratiques ont souvent remplacé les nombreuses dictatures des années 1980 et un ensemble de traités régionaux relatifs aux droits de l'Homme a été élaboré. Les textes constitutionnels de presque tous les pays africains contiennent désormais des normes relatives aux droits de l'Homme et les gouvernements ont mis en oeuvre des réformes juridiques de grande ampleur.  
 
Mais dans la pratique, beaucoup d'États africains continuent de bafouer les droits civils et politiques de leurs citoyens. Les droits des minorités ont beaucoup souffert. Les élections sont souvent entachées de violence, harcèlement, intimidation et fraude. Les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme sont aussi brutalement réprimés pour leur critique ouverte des pouvoirs publics. Les systèmes judiciaires restent faibles et corrompus. Les détenus sont fréquemment maltraités et incarcérés dans des conditions inhumaines.
 
À l'instar des autres pays africains, la RDC s'est radicalement transformée au cours des 15 dernières années, comme en témoigne notamment l'évolution des lois protégeant les droits civils et politiques. Cependant, la mise en œuvre de ces droits est lente. Ainsi, les élections en RDC ont été accompagnées de violence, d'intimidation et de fraude. Le système judiciaire reste très faible et les conditions de détention déplorables. Les centres de détention sont régulièrement accusés de torture et de mauvais traitements. Les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme sont souvent menacés ou intimidés. Les groupes minoritaires sont ouvertement discriminés, particulièrement les peuples autochtones, comme les Batwa, les Bambouti et les Bacwa (aussi appelés Pygmées).